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 Parle-moi d'amour / Violet

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Blake Bouvier
MessageSujet: Parle-moi d'amour / Violet   Dim 13 Nov - 21:57

Les heures d'arrivée de la diligence, c'est pas précisément une science exacte. Il peut se passer plein de trucs flippants sur la route – rien que nous, dans le train, on a été arrêtés parce qu'il y avait un tronc d'arbre sur le chemin, et après parce qu'un âne avait glissé dans un des wagons et foutu le bordel parmi les bestioles.
Bref, quand c'est à-peu-près l'heure à laquelle la diligence doit arriver, je sors pour aller chercher Violet, qui n'est pas au courant que je suis là, un peu nerveux. Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé. Mes parents auraient pu faire preuve d'un peu d'esprit et m'exiler avant qu'elle ne parte, au moins on aurait voyagé ensemble.
Bon d'un côté j'avais pas exactement prévu, moi, de me retrouver dans un tel trou perdu. Je dois dire que pour ce que la vie a de stressant hors de la ville et de la vie mondaine que je connais, je m'y sens un rien plus à l'aise.
Sûrement parce que j'ai pas encore une réputation que je mériterais, comme dirait ma mère.

Une cigarette entre les lèvres, j'expire ma fumée en arrivant à l'endroit où la diligence se débarrasse de ses voyageurs et de leurs bagages. Un nuage de fumée se profile au loin, annonçant son arrivée imminente.

Quand tout le petit monde qu'elle contenait commence à descendre, je me colle dans le passage de façon bien visible, et arrête Violet, reconnaissable grâce à son minois et ses longs cheveux roux.

« Hey, ravi de faire votre connaissance, mademoiselle. »
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Violet Casey-Worden
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Lun 14 Nov - 0:10

Je tremble encore, une journée après l’attaque de la diligence. Le chemin s’est fait dans un silence de mort. J’ai même eu l’impression que les chevaux semblaient vouloir galoper à plus grandes enjambées. Je ne suis pas remontée sur mon cheval, trop peureuse pour risquer de me retrouver seule, à un moment donné, face à tous ces troupeaux de bêtes fauves que sont ces immondes voleurs. Et une partie de moi frémit encore d’indignation depuis que j’ai compris qui était derrière le foulard et qui avait osé poser ses lèvres sur les miennes.
Mais la peur a été la plus forte et gagne sur ma colère.
Sans parler de la fatigue. Je ne rêve plus que d’un long bain chaud. En espérant que le logement alloué par la ville sera convenable.

Quand je descends de la diligence, aidée par le chauffeur, j’époussette ma robe de voyage, ôte mon chapeau, laissant apparaitre mes longues boucles rousses. De toute façon, sale et puante comme je suis, je ne crains guère pour ma vertu. Derrière moi, Mia semble s’en offusquer vaguement mais la fatigue est trop importante pour nous deux pour que nous nous battions dans l’immédiat.
Il nous faut surtout trouver la personne en charge de mon accueil.
On me alpague soudain sans manière. J’ai peur un instant de me retrouver devant monsieur Black. Mais non. Je me fige, tétanisée sous le choc et l’étonnement. Je n’y crois pas. Je ne veux pas y croire. C’est un rêve éveillé
.

Blake ?

je dis ça, surement plus pour me convaincre que pour lui rappeler son identité qu’il est censé connaitre. Et spontanément, je me jette à son cou, folle de joie de retrouver un ami en ces terres si hostiles et amères. Je m’écarte bien vite, frottant ma robe et remettant mon chapeau d’un air un peu gêné.

Mais depuis quand es-tu ici ? Pourquoi tu ne m’as pas dit que tu quittais Boston ?

J’attrape son bras, laissant à Mia le soin de s’occuper de nos bagages.

Sais tu où je dois loger ? T’a-t-on parlé de mon arrivée ? Que fais-tu à Coloma ? Oh que ça me fait plaisir de te voir.

Je le laisse me guider, espérant qu’il comprenne que j’ai besoin de repos, d’un bain puis d’un vrai diner, avec de vrais couverts et des serviettes.
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Blake Bouvier
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Lun 14 Nov - 1:04

Violet a toujours été d'une nature nerveuse et émotive, mais le voyage semble avoir été un peu trop pour elle. Je peux comprendre, c'est une jeune femme délicate, et on a peine à croire à quel point sa grand-mère pouvait la couver. Je la réceptionne contre moi, la serrant dans mes bras en étant content de la retrouver ; c'est la première figure connue que je croise ici et ça fait un bien fou, je ne peux pas mentir.

« Je suis arrivé il y a environ un mois... et je suis parti après toi en fait. »

J'ai cette espèce de sourire fuyant que je fais quand je ne veux pas parler de quelque chose, haussant dans le même temps des épaules en exagérant ma nonchalance naturelle. Je passe le bras sous le sien pour l'entraîner vers le logement que la mairie lui a alloué en qualité de nouvelle institutrice du bled.
J'y suis passé dans la journée pour tout mettre en ordre, et je ne savais d'ailleurs pas que passer le balai pouvait être si douloureux sur le dos – mais je soupçonne ce manche à balai d'être trop court pour mon dos.

« Je t'expliquerai pourquoi je ne t'ai rien dit, mais crois bien que c'est totalement involontaire de ma part. »

Mon regard clair glisse sur Mia, qui a toujours cet air farouche et désapprobateur en ma présence. Je ne doute pas qu'elle sache sur mon compte des histoires hum... gênantes. Et qu'elle désapprouve donc totalement mon style de vie.

« Viens, suis-moi je sais où tu loges. J'ai tout préparé pour ton arrivée, tu n'as plus qu'à t'installer et passer une après-midi tranquille puis une bonne nuit de sommeil. Et il y a même une collation froide que ma charmante logeuse a préparé pour vous. Elle a dit quelque chose comme quoi je risquais de vous empoisonner si c'était moi qui m'en chargeais... »

J'ai un léger sourire d'excuse charmant, qui semble ne faire aucun effet à Mia – vieille bique ! – et les entraîne, suivi de deux employés de la diligence chargés de leurs bagages – très nombreux. Le logement que la mairie met à disposition de l'institutrice est attenant à l'école, et pourvu d'un petit jardin mal délimité. C'est assez rustre, mais vivable.
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Violet Casey-Worden
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Lun 14 Nov - 10:06

Mon moral vient d’être regonflé à bloc en un temps record. De toute façon je suis d’une nature optimiste, joyeuse et foncièrement positive. Grand-maman disait « beaucoup trop naïve » mais je crois simplement que ça l’agaçait que mon avis diverge du sien.
Je n’en reviens pas qu’il ait mis un mois de moins que moi. Bon d’accord. Nous avons pris notre temps. Je me suis arrêtée dans plusieurs villes rendre visite à des amis – ça ressemblait surtout à des adieux – et voir quelques anciens associés de la famille pour les affaires et m’assurer leur bonne gestion, même au loin.
Mais Blake, lui, semble avoir fait le chemin direct. Je n’en reviens pas. C’est la plus belle surprise qu’on m’ait jamais faite dans la vie et malgré mon état et le stress né de l’attaque de la veille, j’affiche un air quasi radieux. Je sens bien qu’il me cache quelque chose mais je parie que c’est simplement qu’il s’est encore disputé avec ses parents. Ils sont très gentils mais je crois qu’ils ont toujours mis beaucoup trop de pression sur ses épaules, comme ma famille sur la mienne. Peut-être que ce n’était qu’un « prétexte » pour s’enfuir. Mais si c’est le cas, je ne lui en veux pas. Au moins, on se serrera les coudes entre exilés volontaires.

Blake !

Je laisse couler un rire en imaginant Blake cuisiner. C’est un peu comme moi. Il a dû mettre les pieds dans une cuisine la dernière fois à l’âge de 14 ou 15 ans pour aller chiper quelque chose sous le regard amusé de sa cuisinière qui aura fait mine de désapprouver. Voilà tout. Personnellement, je sais à peine faire le thé. Le servir oui, évidemment, mais le préparer, je n’ose même pas imaginer.
Je sais qu’ici il va me falloir apprendre mais ce n’est vraiment pas la perspective la plus réjouissante.

On apprendra à faire du café ! Les colons préfèrent ça à ce qu’il parait.

Ce ton condescendant est totalement involontaire de ma part. C’est juste que je ne comprends pas ces gens. Mais ça viendra.
Je regarde l’école. Le batiment n’est pas très grand mais propre et apparemment bien entretenu. Quant au logement, il doit être plus petit que celui de Mia quand nous étions à Boston. J’ignore un peu à quoi m’attendre.
Je pousse la porte, un peu inquiète. Nous sommes dans une pièce à vivre. Pas très grande mais confortable. Un sofa dans un coin ainsi que deux fauteuils qui font face à une cheminée de taille raisonnable pour la pièce. Et il y a une pile de bois déjà entassée.
Il y a aussi une grande table pour pouvoir manger et qui donne sur une pièce sans porte qui se trouve être la cuisine, qui dispose d’une réserve. De l’autre côté, il y a une autre pièce, avec une fenêtre minuscule et polie, où il y a un grand baquet d’eau en guise de baignoire. Mais apparemment, il y a une pompe pour l’eau, tant dans la cuisine que la « salle d’eau ».
Je crois que je vais me trouver mal. Je relève mes jupes et monte à l’étage où se trouvent deux chambres de taille convenable pour un séjour… bref.
Je me tourne vers Blake.


Sais tu s’il y a des maisons à vendre ? Ou vais-je devoir faire construire ?

Honnêtement, il n’a jamais été question pour moi de rester ici. Déjà, je ne vois pas ce que Mia va bien pouvoir faire. La cuisine certes. Le ménage, ce qui, avec sa maniaquerie, prendra toujours un peu de temps, et me faire de nouvelles robes. Dans trois mois, elle tournera comme un lion en cage dans cette maison. Et je la comprends.

Je vais me changer et nous pourrons manger.
Mia, un bain s’il vous plait ?


Le temps qu’elle fasse chauffer assez d’eau, j’ai le temps de manger. C’est parfait.
Je me demande ce que les logeuses préparent à manger.
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Blake Bouvier
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Lun 14 Nov - 16:51

Violet est amusante, à être aussi naïve et attentive aux gens, et à avoir en même temps cette attitude complètement condescendante, cette assurance d'être plus belle et plus intelligente qui n'est dû, je le sais, qu'à son éducation. Parce qu'elle n'est absolument pas comme ça, en réalité. Ça me fait plaisir de la voir, et même une fois dans la maison je n'arrive pas trop à me détacher de sa proximité parce que même s'il était mieux pour moi – et pour toute la famille, comme a dit Père – que je parte de Boston, le brusque exil a été... difficile à encaisser.
Violet est une réminiscence vivante et souriante de cette période-là, même si comme elle dit en parlant de café, il va falloir revoir nos habitudes. Elle envoie habilement Mia plus loin et je parviens du coup à me détendre, une fois la présence désapprobatrice et hostile de la domestique éloignée.
Donc je m'empare du plateau que m'a confié ma logeuse avec mille recommandations :

« Elle a fait des sandwiches froids d'après ce que j'ai compris. Elle voulait faire de la limonade, mais elle s'est plaint du manque de qualité de je ne sais plus quoi et bref, on va se contenter d'eau et de lait du coup. »

Surtout de lait, parce que l'eau du pays m'a rendu deux trois fois malade et je ne voudrais pas que la même chose arrive à Violet, surtout après un voyage éprouvant. Comme je n'ai pas mangé non plus – en fait je cours partout depuis ce matin comme un poulet sans tête parce que je n'ai aucun sens de l'organisation... – je prends place à table et mords dans un sandwich.
Je connais la cuisine de ma logeuse – la brave femme ne veut apparemment pas que je meure de faim –, et sans être un cordon bleu, elle le fait très honorablement.
Violet mangera sûrement mieux grâce à Mia, qui apparemment sait tout faire.

« J'ai déjà essayé de préparer du café en fait. C'était hmmmm... pas très réussi. Il semblerait que j'ai loupé quelques étapes. »

Bah non pas qu'une seule sinon ça n'est pas assez raté donc pas assez drôle.

« Oui j'ai commencé à regarder ce qu'il y avait à vendre. Il y a notamment une ferme, les dépendances sont en bon état, le corps un peu moins, mais je suppose que les cowboys sont très doués en bricolage. 
Peut-être même que je peux apprendre mais je gage de rien. »

J'ai assez vite appris à pas faire de promesses que je ne peux pas tenir aux femmes. Même si ça n'est pas la mienne – et comme Violet est encore marquée par la disparition de son cher fiancé pendant la guerre, ça sera certainement pas la mienne. D'autant que je ne tiens pas à lui faire subir mon train de vie, elle ne mérite certainement pas ça.

« On pourra aller le visiter demain, quand tu seras un peu reposée. Ça a été le voyage en diligence ? Mia fait une tête pas possible. »

Et je ne peux pas croire que même ma présence occasionne cette tête-là de la part de la brave bonne.
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Violet Casey-Worden
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Mar 15 Nov - 10:54

J’écoute attentivement les conseils de Blake. Déjà un mois et il se comporte comme un homme habitué à frayer avec les colons. Je suis absolument admirative de lui. Et je crois bien que j’ai des étoiles dans les yeux en imaginant ma vie ici, maintenant qu’en plus, je sais qu’il est là. Blake a toujours été d’un précieux secours depuis des années. Je crois bien que Grand Maman n’aurait pas été contre un mariage entre nous. Enfin une fois, elle m’en a parlé en me demandant quelles étaient nos intentions. J’avais été très étonnée de prime abord, n’ayant jamais considéré la question sous cet angle puis j’avais répondu en disant que c’était un ami. J’avais vu le soulagement dans son regard. Elle avait toujours été très possessive à mon égard. Ses inquiétudes s’étaient ensuite glissées du côté de feu mon fiancé, que j’avais rencontré le jour du bal pour mes 18 ans. Enfin. C’est loin maintenant. Tout ça est révolu et deux des protagonistes nous ont quitté pour un monde meilleur.

Je vais me changer, je reviens.

En attendant mon bain, je verse de l’eau dans une petite bassine déposée dans la chambre, sur un meuble de toilette dont le marbre est fendu. Hummm. Je retire ma robe, non sans difficultés. Mia est occupée avec le bain et je ne vais tout de même pas demander à Blake son aide. Je finis par y arriver, me retrouvant donc en corset, pantalon de lingerie et crinoline.
Je me lave sommairement les bras, le visage et le haut du buste. Ça fait déjà un bien fou.
Puis, dans l’une des malles qui n’est pas encore ouverte mais où je sais ce que je vais trouver, je sors une robe verte, à rayures, de la dernière mode. C’est trop, apparemment, pour la société de Coloma mais ici, nous sommes entre gens de bons goûts. En fait de robe, comme c’est la mode, ce sont un corsage et une jupe cousus ensemble. Je boutonne le tout sur le devant. Cette robe est bien pratique pour ça et je redescend, me demandant si Mia et Blake se sont entretués. Non. Apparemment ça va. J’ignore pourquoi ma bonne le déteste autant mais bon. Je vais m’assoir en face de mon ami, pour répondre enfin à sa question.
Je bois juste une gorgée de lait avant. Oh. C’est meilleur qu’à Boston. Lait frais sans doute ?


Le voyage a été long et éprouvant. Nous avons fait des haltes en chemin pour les affaires courantes de Grand Maman et le transfert des avoirs dans différentes villes de la côte ouest. Seulement, quand on a pris la diligence…

Mes mains tremblent encore. Alors je raconte tout à Blake. Parce que Mia s’occupe de chauffer l’eau et ne peut pas suivre tout ce que je dis. Je raconte ma rencontre avec Monsieur Black, le vol du chapeau, son sauvetage inespéré, l’achat du cheval, et l’attaque. Surtout l’attaque. Comment Monsieur Black s’est confondu en donnant des détails que je n’avais confié qu’à lui, comme une sotte. Et le baiser. Je rougis de gêne. Il n’y a jamais eu que mon fiancé pour m’embrasser jusqu’à hier et depuis, je vis dans le tourment d’avoir été volée, agressée et d’une certaine façon, d’avoir trompé sa mémoire.
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Blake Bouvier
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Mar 15 Nov - 22:26

Je hoche de la tête quand Violet annonce qu'elle va se changer, finissant d'avaler mon sandwich – oups, où est passée toute mon éducation ? Sans doute là où était feu mon estomac. Elle revient vêtue d'une robe dont la couleur et la coupe la flattent merveilleusement, mais beaucoup trop habillée pour le patelin dans lequel on se trouve. Je ne fais pas de commentaire, elle découvrira tout ça par elle-même, je suppose. Et puis il faut avouer que je lui ai souvent raconté des mensonges par le passé, juste parce qu'elle est tellement naïve qu'elle le cherche. Elle ne me croirait sûrement pas – elle a appris à se méfier de mes taquineries, avec le temps.
Je lui souris.

« Tu es magnifique, comme toujours. »

C'est vrai. Les femmes ne sont pas exactement ma cible préférentielle, mais je suis persuadé que Violet est une très belle femme, et ce, depuis des années. Mes parents auraient adoré que je l'épouse, mais comme je l'ai dit... elle ne mérite pas mon style de vie déviant. Quel gâchis que ce fichu fiancé se soit fait tuer à la guerre.
Une fois installée en face de moi avec son impeccable attitude éduquée qui me fait moi-même tenir plus droit, elle me raconte l'épisode de la diligence, et je regrette immédiatement ne pas avoir été là. Concrètement je ne sais pas trop ce que j'aurais fait – j'ai pas la fibre d'un franc-tireur ou de quoi que ce soit dans ce genre-là, et j'aurais sûrement fait pire que mieux – mais l'idée qu'un malfaisant ose s'en prendre à Violet...
Je lui remets la main dessus et il va entendre parler du pays. Je vais pas le frapper, non, mais ne plus jamais le lâcher.
Nonchalant et prédateur à la fois, j'agite le dernier morceau de mon sandwich dans les airs :

« Donc tu es persuadée que ton agresseur était ce Black ? … On pourrait le faire mettre à prix par le marshall, je suppose. Et prévenir les fermiers du coin, ils n'aiment pas trop les voleurs. »

Oui, c'est une proposition intéressée. J'ai l'amusement teinté de sadisme qu'avaient la plupart de mes camarades masculins à Boston. Mes yeux clairs sont fixés au visage de Violet, dont je ne parviens que trop à saisir l'expression, et je lui fais un sourire amusé.

« Laisse-moi deviner. Tu t'en veux d'avoir apprécié, parce qu'il y a eu Casey. »

Casey MacAlister, son fiancé. Un très bel homme, très grand, admirablement proportionné, des dents parfaites. Malgré tous mes efforts, Violet vit dans son souvenir alors qu'il est bêtement mort à la guerre.
Je pose une main sur celle de Violet.

« Tu sais que tu dois passer à autre chose, Violet, n'est-ce pas ? Ça fait suffisamment longtemps. »
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Violet Casey-Worden
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Mer 16 Nov - 19:27

Oui. C’est Black. Sinon ça signifie que nos agresseurs nous…

Je suspends mes paroles alors que Mia passe devant nous pour aller à l’étage, me lançant un regard lourd de reproche à cause de mon silence.

Nous suivaient depuis Boston pour savoir ces détails-là.

Je me mords les lèvres, me demandant si Blake doit vraiment intervenir. Mais que pourrais-je y faire. C’est peut-être un malentendu. Ou alors je me suis trompée. C’est ça. Ça ne peut pas être la même personne. Peut-être que, tout simplement, il a parlé de moi à quelques viles personnes dans un saloon. C’est aussi une possibilité.

Non s’il te plait Blake. Ne t’en mêle pas. Je vais m’en charger.

En vrai, j’ignore quoi faire. Mais ça, je ne vais pas le lui dire. Non. Je dois réfléchir. Je crois aux secondes chances et cet homme était beaucoup trop sympathique pour me trahir de la sorte.
Je sursaute quand il évoque Casey, mes mains se crispant sur leurs prises, à savoir mes couverts et je baisse le nez sur mon assiette.
Je n’aime pas entendre son prénom. Je n’y arrive pas. Trois après sa mort, la douleur est toujours aussi vive.

Qui te dit que j’ai apprécié ?

Mon ton tourne à l’aigreur et je suis en colère maintenant. Ça disparait aussi vite que c’est venu, avec une rougeur manifeste sur mes joues.

ça faisait très longtemps. Et j’aurais préféré me porter volontaire à l’exercice, voilà tout.

Je pose mes couverts délicatement dans mon assiette pour éviter le moindre bruit, me tamponnant le coin de la bouche avec ma serviette. Je laisse les secondes couler, comme si ça allait m’empêcher d’avoir à répondre à sa question.

C’est aussi pour ça que j’ai quitté Boston. Là-bas, avec Finley qui venait me voir presque tous les jours pour parler de lui… Je n’aurais pas pu tourner cette page-là non plus à la maison.

Je hausse les épaules. J’ai fini par me faire une raison. Même Finley l’a fait alors qu’il a retourné la moitié des territoires sudistes dans l’espoir vain de trouver au moins son corps. Il a juste eu la preuve qu’il était à l’hôpital de guerre, que ses blessures étaient terribles. Mais ensuite… Comme beaucoup de soldats, il a eu droit à une fosse commune pour éviter les épidémies. Gettysburg reste une plaie béante pour de nombreuses familles.

Et en parlant de ça, t’es tu trouvé une charmante fiancée ? Fais attention. Les demoiselles pourraient prendre ombrage de notre amitié. N’oublie pas quel excellent parti je fais, surtout débarrassée de Grand Maman et de Père.  
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Blake Bouvier
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Jeu 17 Nov - 12:36

La perspective qu'elles ait été suivies depuis Boston est autrement plus inquiétante qu'un simple accident de diligence et je me mords pensivement la lèvre inférieure. Non je préfère croire que c'est ce Black, même si Violet ne veut pas que j'intervienne – donc je ne le ferais pas. De la fréquentation de ma mère, j'ai appris à ne jamais me mettre ouvertement en désaccord avec une femme – par contre, je suis capable de manipuler vicieusement pour avoir quand même ce que je veux.
Là toutefois, non. J'ai trop peu d'éléments, et je vais me contenter de surveiller et me faire ma propre opinion. Violet se fâche alors que j'évoque Casey – c'est normal, ça fait ça à chaque fois... – et je lève les mains dans un geste traduisant mon innocence et le fait que je ne voulais pas la blesser.

« Je ne dis pas ça pour être désagréable, Violet. Tu sais ce que j'en pense, on en a déjà parlé. Mais je ne dis plus rien, considère que je n'ai pas abordé le sujet. »

J'attrape un nouveau sandwich, à vrai dire assez mécontent de sa réaction brusque. Pas vraiment envers moi, elle a tout à fait le droit de me trouver agaçant, mais j'aimerais que ce sujet devienne... moins douloureux.
Je ne peux pas le faire à sa place, et c'est frustrant. Je lui fais un sourire parce qu'elle se calme immédiatement :

« Excuse-moi. »

Je connais aussi Finley, bien sûr. Brillant médecin, il a participé à la guerre en tant que chirurgien. Il a toujours eu une réputation sulfureuse totalement à l'opposé de celle de son frère ; on ne peut pas imaginer deux frères plus mal assortis que ces deux-là. Du coup, on aurait pu croire que la disparition de Casey ne fasse ni chaud ni froid à son frère aîné ; ça n'a pas été le cas du tout. Finley a changé depuis, et lui qui avait déjà tendance à beaucoup boire en soirée s'y est mis plus régulièrement, ce qui est inquiétant vu que son boulot, c'est la chirurgie.
Violet me détourne de mes pensées en parlant d'une potentielle fiancée, et je hausse des épaules, comme je le fais à chaque qu'on me parle de me marier, de faire des enfants et de perpétuer mon nom.

« Voyons Violet. Ça n'est pas ici que je vais trouver une jeune fille à présenter à mes parents. Si je n'ai pas trouvé à Boston... »

Je m'interromps dans ma phrase, pince les lèvres, et décide qu'elle a le droit de savoir. Je dépose donc ce que je mangeais au bord de l'assiette, réfléchit un peu à comment présenter les choses.

« Ecoute, je dis que je suis venu ici pour voir du pays, la vérité c'est que mes parents ne veulent plus me voir à Boston. Je suis un peu en exil, j'ignore pour combien de temps mais... »

Je lui fais un sourire, en masquant très bien que cette situation me fait chier au-delà de ce qui est possible. J'aimais bien ma vie à Boston, moi, ici c'est beaucoup plus rude, et j'ai du mal à m'adapter malgré ce que je montre.

« C'est pas très grave, hm ? On est réunis après tout. Pouvoir veiller sur toi ça me console un peu. »
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Violet Casey-Worden
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Jeu 17 Nov - 13:29

Je secouais la main pour rassurer Blake. Je suis beaucoup trop sensible dès qu’il s’agit de Casey. A Boston, à l’annonce de son décès, nous avons été nombreux à refuser de le croire. Il est… était grand, fort, il avait un charisme incroyable et une présence qui imposait parfois le silence quand il arrivait dans une pièce. L’idée que la guerre ait fauchée un homme comme lui. Sa famille n’était pas aussi fortunée que celle de Blake ou la mienne mais son frère et lui étaient si brillants que malgré leur relative absence de fortune – disons qu’ils avaient les moyens d’étudier, ce qui signifiait qu’ils étaient plus riches que bien des gens de ce pays mais pas assez pour être intégrer au cercle privilégié donc Blake et moi faisons partie depuis notre naissance – ils ont rapidement eu droit de prendre part aux évènements mondains. Si je me souviens bien, ça a d’abord été Finley parce qu’il se débauchait avec je ne sais quel riche héritier qui a trouvé drôle de l’inviter. A l’époque, il buvait beaucoup moins et s’il vivait de manière… Désinvolte, il n’en demeurait pas moins drôle, avec des manières qu’il distillait quand ça lui chantait et qui faisait que les gens lui pardonnaient bien volontiers ses petites grossièretés comme des caprices. Et un soir il est venu avec Casey.
Peut-être qu’il l’avait déjà emmené avant mais la première fois où je l’ai vu… j’ai eu le souffle coupé. Il discutait avec un groupe de personnes que je connaissais fort mal et il n’y avait personne pour nous introduire. Je n'ai cessé de le dévisager, de façon fort peu protocolaire voire un peu impolie pendant tout le diner. Alors c’est sûrement la seule fois de sa vie où Casey a fait une entorse au protocole en venant me voir, demandant à s’inscrire sur mon carnet de danse. Pour la première danse.
Finalement, Boston a fait ses choux gras de cette soirée puisque nous n’avons dansé avec personne d’autre.
Pourtant, quand il est mort… Tout le monde s’est étonné que je porte le grand deuil alors que les fiancées, en général, ne portent que le petit deuil. Ridicule.


Je sors de mes souvenirs, faisant un sourire, surement un peu triste, à Blake.

ça va, ça va. Ne t’inquiètes pas. Il me manque, c’est tout. Et puis je crois que si nous n’avons pas trouvé à Boston, c’est que la bonne société ne nous convient pas tout à fait. Il y a quelques notables en ville. Sait-on jamais.

Cependant, je me fige aux explications de Blake. Oh ! Je savais que leurs relations étaient parfois un peu tendues. Je n’ai jamais trouvé ses parents très aimants – saines concurrence avec ma propre famille – mais de là à envoyer leur fils unique en exil. Je pose une main sous ma poitrine et me redresse.

Je vois. Et bien dans ce cas, il est hors de question que je laisse un ami dépourvu de ressources dans le besoin, y compris d’amitié. Quand j’aurais trouvé un logement décent…

De préférence en ville. Une ferme, ça me parait être franchement délicat. Hors de question qu’on me surprenne à nourrir un bœuf, ou à bêcher un jardin ! Je suis prête à faire construire une maison si nécessaire.

Mia servira de chaperon et tu pourras t’installer avec moi. Tu ne vas tout de même pas rester chez une logeuse, à vivre à petite semaine. Un Bouvier doit maintenir ses habitudes et son train de vie.

Connaissant ses parents, c’est aussi ce qu’ils attendent sûrement de lui. Qu’il continue de faire honneur à son nom, non ? Mais qu’est ce qu’il a bien pu faire pour se faire exiler. Soudain, une idée traverse mon esprit. Ça n’est jamais arrivé dans ma maison mais une fois j’ai surpris une conversation et… je ne sais pas trop comment ce genre de choses se produisent mais Blake si, très certainement.

Blake ? Une domestique serait elle grosse ?

Je n’ai jamais compris en quoi prendre du poids serait la faute du fils d’une maisonnée mais bon…
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Blake Bouvier
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Jeu 17 Nov - 14:26

Adorable et douce Violet – c'est moi qui suis censé l'aider mais je crois que ça va être bien réciproque. Elle a toujours su canaliser un peu mon caractère trop fantasque et porté à l'excès, sans que je sache comment elle s'y prend. Elle non plus ne doit pas vraiment savoir, d'ailleurs. Peut-être qu'un jour elle saura pourquoi mes parents m'ont éloigné de Boston, je ne sais pas. Elle a beau être une amie depuis longtemps, ça n'est pas le genre de chose dont je me vante. Je lui souris à l'évocation de Mia, qui doit encore être à l'étage en train de faire chauffer l'eau du bain.

« Avec un tel dragon, personne ne pourra douter de ta vertu. »

Surtout que le dragon ne m'apprécie guère, et mon installation chez sa précieuse Violet risque de ne pas lui plaire du tout. Je ne comprends pas, d'habitude, les femmes m'apprécient. Apparemment Mia a un blindage très sophistiqué contre mon charme...
Je m'étouffe à moitié de façon très peu éduquée quand Violet demande si une domestique est « grosse ». J'ai la quasi certitude qu'elle ne sait absolument pas de quoi elle parle – sa grand-mère était la championne du monde pour la rétention d'information, et je peux pas dire que ce genre de sujets est quelque chose dont on parle beaucoup dans la haute société... Même moi, j'ai dû apprendre sur le tas, et pourtant je suis un homme.

« Euh non. Mes parents auraient sûrement préféré. » je déclare, assez énigmatiquement pour quelqu'un qui n'est pas au courant que Mr Carmichael est venu hurler auprès de mon père pour ma conduite.

Je change de sujet, parce que j'ai vraiment pas envie de parler de tout ça, c'est beaucoup trop tôt.

« Je t'emmène demain visiter la maison dont je t'ai parlé alors ? Ou tu préfères une maison en ville ? Je peux chercher pour toi. Je ne travaille que le soir. »
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Violet Casey-Worden
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Jeu 17 Nov - 18:09

Je pouffe quand Blake surnomme Mia « le Dragon ». C’était le surnom de Grand Maman et à raison tellement elle était… Bref. Paix à son âme. Elle a toujours été aux petits soins pour moi, malgré la pression due à notre rang. Ah ma vertu ! à croire que c’est la seule chose qui intéresse les gens. Je ne suis un bon parti qu’à condition que ma vertu soit intacte et que les avoirs de ma famille aussi. Mais moi ?! Qu’est ce que je vaudrais sans l’un des deux ?
C’est bien pour ça que je suis venue ici, à Coloma. Le but est de vivre comme tout le monde. Etre une simple institutrice, dans l’espoir que les gens me considèrent pour moi et non pour mon patrimoine. Si ça se trouve ça sera un échec critique. Est-ce que je suis prête pour cette éventualité ? Non. J’en doute. Nous verrons bien.

Je pose mes couverts. Je n’ai plus faim. Après le régime imposé pendant le voyage, j’ai du mal à manger normalement. Il serait de bon ton que je me remette à avaler des éléments comestibles. Certes, ces sandwichs sont très bien mais dans l’idéal, ce soir j’aurais à diner chaud. Et Mia a besoin aussi de repos.

Je cille à l’explication de Blake. Ses parents auraient préféré renvoyer une domestique parce qu’elle grossit ? Enfin au moins, ce n’est pas de sa faute à lui. C’est déjà ça. Mais pourquoi alors ? Bon. Apparemment il ne veut pas me dire et il serait déplacé et inconvenant d’insister, alors je finis par finir mon verre de lait avec un sourire en coin. Il finira par me parler. Il l’a toujours fait. Et puis de toute façon, ici, à qui d’autre parlerait-il ?

Je n’ai pas d’idée définie. Mais il faut une maison qui sied à mon rang. J’avoue qu’une ferme… En plus cela signifie trouver des employés pour s’en charger. A moins que tu ne veuilles toi-même pousser les bœufs ?

Seigneur. Si ses parents voyaient ça, je pense qu’ils le feraient immédiatement revenir à Boston.

Une maison donc. Il faudrait… Hé bien deux chambres et une dépendance pour Mia. Qu’elle soit un peu autonome. Et… une vraie salle de bain, pas comme ici. Une vraie baignoire et des pompes à eau, là où on a besoin d’eau.

C’est terrible. Je crois bien que l’hygiène doit être inexistante dans ces contrées. Je sais que Mia saura gérer ça pour non seulement assurer à cette maison une propreté exemplaire mais aussi pour maintenir une bonne hygiène pour chacun de nous.

La seule chose que je regrette, c’est de ne pas pouvoir t’héberger dès maintenant.
Tu… Tu travailles ?


Voilà qui me choque. Enfin… Moi aussi je vais travailler. Mais institutrice ce n’est pas forcément… Enfin si c’est un métier, évidemment. Mais comme toute femme, une fois mariée, ce sera fini. Je n’ai pas perdu espoir de trouver quelqu’un. Jamais il ne vaudra Casey, forcément. Mais ça ira. Il y a bien quelqu’un sur cette Terre pour moi.
Enfin imaginer Blake devoir travailler, ça me choque. Que moi, c’est par plaisir plus que par nécessité réelle. Je pourrais toujours faire autre chose.
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Blake Bouvier
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Mar 22 Nov - 21:31

Alors que cette pauvre Violet n’a mangé que deux ou trois sandwiches, j’ai eu la main lourde, personnellement – mais j’avais les crocs, à ma décharge. Et puis ça n’est pas comme si elle n’était pas déjà au courant que parfois, je laisse mon impeccable éducation de côté, et notamment quand j’ai faim.
Elle a l’air tout à fait dans l’idée de m’accueillir chez elle et commence déjà à tirer des plans, et je hoche de la tête, listant tout ce qu’elle décrit. Je suis sûr que je peux trouver ça – je pourrais trouver un cheval au beau milieu du désert, comme dirait ma mère.

« Je me renseigne demain, pas de souci. »

Violet s’étonne alors, avec cet air de faon inconscient qu’elle peut prendre parfois, que je travaille, et je lui réponds avec un sourire.

« Oui, ma douce. Je suis bien obligé, mes parents n’ont pas cru bon de pourvoir à mes besoins. Je tiens à dire que je m’en sors mieux que les pronostics que mes amis m’ont transmis depuis Boston. C’est fou comme ils ne croient pas en moi, je ne te dis que ça, Violet. »

De toute manière, ils m’oublieront bien assez vite, pris dans leurs vies civilisées alors que je me retrouve dans ce patelin. Elle doit s’en douter comme moi je le sais.
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Violet Casey-Worden
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Mar 22 Nov - 22:05

Je me décompose un peu quand il avoue devoir travailler. Que ses parents l’envoient en exil est déjà bien cruel. Mais alors en plus le laisser sans le sou, ça me laisse sans voix. Evidemment, mon premier réflexe est de vouloir lui proposer de l’argent. Mais je le connais. Il n’acceptera pas. Et ça serait gênant, tant pour lui que pour moi. Si j’ouvre la bouche, je me ravise. Je suis au-delà du terme de scandalisée. Je suis sans voix devant des parents qui chassent leur fils unique. Leur seul héritier. Blake a toujours été adorable pour moi. je me rappelle les froncements de sourcils de mon fiancé quand il a rencontré mon ami, au début. Puis force est de constater qu’il a été obligé de l’accepter. Parce que Blake est un ami et qu’on ne laisse pas les amis dans un coin.
Je pousse un soupir à fendre l’âme. Je suis si malheureuse pour lui. Moi, au moins, j’ai choisi mon sort. Et si ça ne va pas, je pourrais toujours retourner à mon rang de riche héritière. Libre à moi de m’établir où bon me semble.

Je pose ma main sur celle de Blake, avant de la tapoter gentiment.

Nous allons donc nous trouver une maison à nous. Voilà tout. Peut-être que pour la bienséance, il serait bon de se faire passer pour des cousins ?

Je préfère éviter le qu’en dira-t-on. Je suis assez sensible à l’opinion que les gens ont de moi. Peut-être à tort. Mais je suis une jeune femme et ma réputation a presque autant de valeur que mon compte en banque.

S’ils ne croient pas en toi, de toute façon, c’est que ce ne sont pas des amis.

Voilà mon avis, très tranché, sur la question. En même temps, Blake est quasiment mon seul réel ami. Quand j’étais à l’école pour jeunes filles, en pensionnat durant la semaine, les filles me jalousaient ou se moquaient. Je n’étais guère intégrée, hormis dans les cercles de proches de ma famille. Et encore. Tout dépendait des dernières frasques de mon père. Un jour particulièrement pénible, on m’avait dit que mon père s’était acoquiné avec une noire, ancienne esclave, qui s’était échappée. Ignorant le terme « acoquiné », j’ai supposé qu’il l’avait employé dans la maison mais je ne voyais pas où était le scandale. En tout cas, les filles riaient dans mon dos dès que je passais dans les couloirs et j’ai feint d’être malade pendant deux semaines, jusqu’à ce que Blake, à ce que j’ai cru deviner, ne vienne me sauver la mise.

Moi je crois en toi. Et donc ? Que fais tu ?
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Blake Bouvier
MessageSujet: Re: Parle-moi d'amour / Violet   Dim 27 Nov - 14:19

Et Violet est toujours présente, avec sa douceur et sa délicatesse habituelle, pour me réconforter et m'assurer que tout va bien aller, parce qu'elle ne me laisse pas tomber. Je lui fais un sourire touché – oui je suis censé être venu ici pour protéger Violet, mais hé, je savais moi-même que Violet et moi, c'est plutôt de l'entraide qu'une relation à sens unique.
Je la protège, évidemment, depuis très longtemps. Mais elle le fait aussi, en apprivoisant notamment ce caractère un peu excessif que j'ai et en ayant des réflexes sociaux que je n'ai pas forcément. Et en se fichant totalement de mes insuffisances et mes manques.

« Oui ça serait sûrement mieux. Je ne veux pas te créer de problèmes. »

Loin de moi cette idée, même. Cette excuse d'un lien de parenté entre nous, qui n'est pas tout à fait fausse si on se dit qu'on se connaît depuis l'enfance est donc parfaite.
Je souris à Violet.

« Je suis pianiste au saloon. Je suis absolument certain que ma mère serait outrée de savoir que mes leçons de musique avec le terrible professeurs Jones me servent de cette manière-là. Oh ne prend pas cet air si choqué, les filles ne sont pas si déshabillées que ça. »

Bien sûr c'est un tout autre souci si on leur demande de le faire, mais ça elle n'est pas obligée de le savoir.
Je mange un dernier sandwich, puis m'affaire à débarrasser la table. Le voyage a dû être épuisant, et je sens que Violet a bien envie de s'installer et d'aller se coucher.
Je l'embrasse sur le front, ignorant le regard en coin de Mia qui vient de redescendre après avoir annoncé que le bain était prêt.

« Demain je t'emmène visiter les maisons, d'accord ? Bonne nuit Violet. »

Mia aura droit à un signe de tête qu'elle ignore, droite et furieuse.
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